Peking, femmes mandchouesCharles Nouette
[Chine]. Peking [Pékin], femmes mandchoues
AP8482
Ancien numéro : 763
Paris, musée Guimet, archives photographiques
Prise de vue entre le 2 et le 18 octobre 1908
Négatif au gélatino-bromure d’argent sur plaque de verre
H. 9 ; L. 12 cm
Voir AP8484 car ce sont les deux mêmes femmes. Non seulement leur costume les différencie au premier coup d’œil des femmes chinoises, mais elles ont en outre beaucoup plus de liberté et peuvent se promener en ville. Autre différence notoire, elles n’ont pas les pieds bandés, une coutume instaurée sous les Song et que les Mandchous réprouvent. Elles portent des chaussures qui ressemblent à des chaussons posés sur un très haut et très large talon, évoquant un peu les socques okobo, おこぼ, des geisha, 藝者. On les appelle « chaussures surélevées en pots de fleurs », huapen di, 花盆底. Elles font partie intégrante du costume des nobles femmes mandchoues. La robe tubulaire à larges manches, sans col, est fendue sur le côté pour faciliter la marche et doublée d’une sorte de gilet brodé, caractéristique, fermé sur le côté et à col montant. C’est un qipao, 旗袍, mot à mot, « vêtement des bannières », ce dernier mot décrivant la structure militaire et sociale de la société mandchoue. Ce costume est complété par une coiffure très élaborée, le qitou, 旗頭, qui a subi une longue évolution avant de devenir ce qu’il est en 1908. Au début de la dynastie, les femmes de palais se paraient certains jours d’ornements floraux et de métal précieux qui étaient supportés par deux chignons horizontaux réunis par un élément fixe, que l’on a appelé xiao liang ba tou, 小兩把頭 ; un peu plus tard, il se fait moins discret plaçant sous les chignons un support en fil de fer ou de faux cheveux afin de lui donner plus de hauteur et d’ampleur, et il devient le da liang ba tou, 大兩把頭. Il est alors porté par un nombre de plus en plus grand de femmes des clans nobles. À partir du règne de Xianfeng, 咸豐 (1850-1861), il atteint son développement maximum, on parle de dalachi, 大拉翅, « grandes ailes ouvertes ». Sous le règne de Guangxu, 光緒 (1875-1908), le dalachi est très répandu, extravagant dans les grandes occasions et plus simple dans la vie de tous les jours, comme on peut le voir sur ces clichés.
Localisation de la prise de vue :
Chine → Pékin
Index iconographique :
Architecture : maison ; paysage : rue ; personnage : femme
Étapes de publication :
Catherine Delacour, 15 mars 2023, rédaction de la notice pour première publication.
Pour citer cet article :
Catherine Delacour, « 763 » dans Catalogue des photographies de la Mission Pelliot en Asie centrale (1906-1909), mis en ligne le 15 mars 2023. https://guimet-photo-pelliot.fr/notice/notice.php?id=1522
© Réunion des musées nationaux – Grand Palais, 2023